L' Espace Bambou

 

BAMBOO - 3

Utilisation du bambou

Apparition.................250 millions d'années Famille....................graminée
Caractéristique............herbe géante
Durée de vie...............50 ans, voire 1 siècle
Durée de vie coupé.........1000 ans
Hauteur....................37 m
Diamètre...................2 à 60 cm
Record croissance..........40 cm par jour
Espèces....................Arundinaria, Bambusa, Phyllostachys
Pousse en altitude.........3000 m
Record.....................+ de 5000m Andes de Quito, Équateur
Résistance température.....-25 à +40 Utilisations...............1546 répertoriées

La floraison des bambous est unique et mystérieuse. Elle varie de 1 à 120 ans selon les espèces. Certains bambous fleurissent annuellement, d'autres sporadiquement. La plupart du temps, cette floraison prend une dimension des plus fascinantes. Poussant de part et d'autre des continents, connectés génétiquement, alertées par un mécanisme cellulaire énigmatique ou bien dépendantes d'une horloge calendaire rythmant l'âge d'un hypothétique stock génétique, des centaines de milliers de plantes arrêtent soudainement de produire des pieds et font éclore de minuscules petites fleurs! Ainsi en Inde et au même instant en Europe, où on les a transplantés, les bambous prennent la décision de nous offrir leurs fleurs. Miracle!

Il faut une patience infinie et plusieurs générations pour étudier le comportement du bambou. Pour un étude sur le cycle de floraison, des graines de "moso chiku" furent plantée en 1912 par les universités de Tokyo et Kyoto dans leurs serres expérimentales. A ce jour, aucune n'a encore germé...

 

Le bambou, souvent qualifié d'ami de frère ou de compagnon, est le seul parmi les végétaux à servir l'homme sur le plan pratique, que se soit en fournissant du matériau de construction, des produits alimentaires ou la matière première d'innombrables objets d'usage quotidien. Il est utilisé pour la construction d'échafaudages, de ponts, de paniers mais aussi de maisons, de pirogues, de mobilier, d'instruments de musique, ou encore pour la production de pâte à papier. La calligraphie asiatique utilise également des pinceaux taillés dans le bambou. Jadis, le papier aussi était fabriqué à partir de feuilles de bambou de même que les supports d'écriture, sous la forme de fines tablettes de bambou

Le bambou dans la construction

Les canalisations, les haies qui entourent les enclos des animaux, la palissade ceignant les villages, ... le bambou est vital dans certaines communautés vivant en autarcie presque totale. Les fondations des maisons consistent en d'épais chaumes enfoncés profondément dans le sol, sur lesquels repose un « plancher » fait de lattes de bambou. Les murs des maisons sont en bambou tressé, et les ouvertures pratiquées dans les parois sont ferrées par des stores de bambou. Le toit en feuilles de palmiers ou de bananiers est soutenu par une charpente de bambou. Les mâts des jonques sont en bambou tout comme les timons des charrettes.

Les métropoles internationales d'Asie utilisent aussi le bambou pour des ravalements de façade ou des réparations : des échafaudages, composés de chaumes et de cordes de bambou, surgissent parfois de terre et grimpent jusqu'au 70e étage... ou de petites structures de bambous montent parfois jusqu'au 45e étage pour y réparer une fenêtre. Le bambou offre une plus grande sécurité que l'acier ou le fer car il n'est pas sensible à l'humidité du climat tropical et ne rouille pas. De lus après le passage d'un typhon sur Hong Kong, il suffit de moins d'une journée de réparation aux échafaudages de bambou pour être de nouveau opérationnel alors que les structures en aciers ont été balayées.

Les ouvriers qui travaillent sur ces échafaudages de bambous
sont de vrais acrobates, et ils travaillent sans filet !

 

          A partir des tiges de bambou, plusieurs utilisations possibles :

  • débitées en rondelles, elles peuvent confectionner l'âme de panneaux sandwich ;

  • débitées en copeaux, ces derniers sont ensuite mélangés à des copeaux de bois puis noyés dans une matrice de ciment. Des parpaings et autres produits moulés sont obtenus par injection du « fibrociment » frais dans des moules. Cette technique est encore en voie de recherche. Ces plaques de « fibrociment » sont résistantes aux intempéries, faciles à peindre et coupe-feu. Elles sont produites essentiellement au Japon ;

  • triturées, défibrées et raffinées elles sont utilisées dans la pâte à papier ;

  • éclatées en lamelles plus ou moins larges, elles sont ensuite aplanies :

    • les lamelles épaisses sont traitées, séchées, rabotées, puis, enduite d'une colle-résine, elles sont assemblées en parquet,

    • les lamelles fines sont collées en vrac pour obtenir un contre-plaqué,

    • les lamelles peuvent aussi être découpées en lanières. On tisse ensuite ces lanières en plaques pour élaborer des portes, cloisons ou parois de meubles.

Le bambou dans la maison

Dans certaines communautés tous les ustensiles employés à l'intérieur ou à l'extérieur des maisons sont en bambou. Les flûtes, les narguilés, ... sont également fabriqués à partir de bambou. Les chinois utilisent des râteaux de bambou pour les récoltes, des tamis de bambou pour nettoyer les produits des champs, des paniers de bambou pour les transporter. Il est donc utilisé pour fabriquer toutes sortes de contenants ou récipients, de la timbale ou de la tasse finement ciselée la nasse en cordes grossièrement tissée pour emmener les porcs au marché. Les femmes utilisent de longs chaumes pour transporter l'eau, le charbon de bois est conservé dans de petits cônes de bambou... L'accessoire le plus répandu demeure néanmoins le panier de bambou qui va du simple cageot de pommes de terre au précieux coffret à bijoux des artisans japonais. En guise d'assiette, les chinois des petites écuelles à anse encastrables en bambou tressé. Les chinoises emploient aussi des récipients de bambou tissé pour cuire des plats à la vapeur.

Le bambou et les armes

On châtie avec des verges de bambou, torture avec des échardes de bambou et étrangle avec des cordes de bambou. La tige de bambou, élastique, résistante et droite se prête particulièrement bien à la fabrication d'arcs et de flèches. Les chasseurs de Nouvelle-Guinée de même que les artisans du Japon fabriquent toujours leurs arcs et leurs flèches en bambou. Les indigènes de Sumatra continuent, eux aussi, d'utiliser des sarbacanes en bambou pour lancer des pointes empoisonnées. Les chasseurs de la jungle disposent des tiges de bambou vertes, fraîchement coupées autour de leur campement et font en sorte de chauffer les chaumes en les plaçant près du feu. Ces derniers éclatent petit à petit avec un bruit assourdissant qui effraye les animaux ou les rôdeurs.

En Chine antique le condamné à mort était immobilisé et ligoté sur une pousse de bambou affleurant tout juste à la surface. Lorsque celle-ci poursuivait sa croissance le condamné succombait dans d'atroces souffrances.

Dans un journal allemand de 1880, une dépêche rapporte que : « Deux régiments de uhlans de l'armée prussienne ont récemment été équipés de lances en bambou qui, entre autres avantages, représentait une économie de poids de 1 kg ».

L'armée américaine elle-même déplorait de nombreuses victimes d'armes en bambou lors de la guerre du Vietnam : le Viêt-Cong creusait des fosses au fond desquelles il plantait des pieux de bambous enduits de poison.

Le bambou dans l'alimentation et la médecine

Tous les turions de bambou sont comestibles mais ceux du Phyllostachys pubescens est particulièrement apprécié. Certaines bambouseraies sont exploitées à des fins uniquement culinaires. La récolte des pousses de bambou se fait au moment où elles pointent du sol.
Leur consistance rappelle celle de la pomme, leur goût évoque l'artichaut tandis que leur valeur nutritive équivaut à celle de l'oignon. Elles peuvent également être séchées ou mises en conserve.

On prête aussi au bambou des vertus médicinales tout à fait extraordinaires. Deux jaunes d'œufs cuits lentement dans un chaume de bambou frais, ainsi que le liquide qui se forme durant la cuisson auraient un effet radical contre l'asthme, l'hémoptysie et les hémorroïdes. Le « tabasheer » a été utilisé comme antipoison pendant des siècles en Asie. On sait aujourd'hui que la silice contenue dans le bambou possède de réelles propriétés antipoison.